Raid à vélos 2015 Paris Nantes contre les abus psychiatriques

La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme a organisé un raid à vélos au départ de Paris et à destination de Nantes du 10 au 15 août 2015 pour dénoncer les internements psychiatriques abusifs et le non-respect de la loi en psychiatrie.

Les cyclistes ont fait escale devant 11 établissements psychiatriques se trouvant sur leur périple :
– CH Albert Chenevier à Créteil
– CH de Longjumeau
– hôpital André Mignot au Chesnay
– CH Henri Ey à Bonneval
– CH Georges Daumezon à Fleury-les-Aubrais
– CB de Blois
– hôpital Robert Debré à Amboise
– CHRU de Tours
– CH de Saumur
– CHU d’Angers
– CHU de Nantes

L’association a ainsi pu sensibiliser de nombreuses victimes, leurs familles, des professionnels de santé, et le grand public sur les abus psychiatriques commis dans leur région.

Alors que la France connaît un nombre sans précédent d’internements forcés (plus de 74.000 hospitalisations par an), la CCDH alerte les autorités et le grand public sur l’opacité et les mauvais traitements qui règnent dans les hôpitaux psychiatriques.

La loi régissant les soins sans consentement en France a été reformée en septembre 2013 afin de respecter la Constitution française, mais un constat alarmant se dresse : cette loi n’est absolument pas respectée par le milieu psychiatrique.

En effet, les procédures d’hospitalisation sans consentement dites « d’urgence » ou de « péril imminent » sont souvent utilisées abusivement, et dans certains départements dans la grande majorité des cas, ce alors même que la loi précise que ces dernières doivent être utilisées à titre exceptionnel… L’exception est donc devenue la règle.

Ces procédures ne donnent pas suffisamment de garanties au patient pour éviter tout internement arbitraire :
un seul certificat médical est nécessaire,
l’accord de la famille n’est pas obligatoire (pour les procédures de péril imminent),
même si la famille refuse catégoriquement l’internement, seul le psychiatre aura le dernier mot…

Ainsi, sur la seule décision d’un psychiatre, et même si la famille est en désaccord, n’importe quel citoyen peut se retrouver privé de ses libertés les plus fondamentales, contraint à prendre des drogues psychiatriques potentiellement nocives…

La Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme déplore qu’aucune mesure ne soit entreprise par les autorités pour faire respecter la loi.

En plus de ne pas respecter la loi, les psychiatres administrent des drogues psychiatriques aux effets délétères et parfois irréversibles, enferment les patients en chambres d’isolement et les attachent par des ceintures de contention. Les électrochocs sont encore pratiqués (plus de 70.000 séances par an).

Plusieurs députés ont d’ailleurs récemment dénoncé l’utilisation abusive des mesures de contrainte en psychiatrie et ont fait adopter à l’Assemblée Nationale un amendement de la loi santé de Marisol Touraine visant à faire cesser les traitements inhumains et dégradants perpétrés en psychiatrie.

Les manifestants de la CCDH ont dénoncé haut et fort les abus psychiatriques perpétrés dans les différents établissements ciblés.

La CCDH, association Loi 1901, lutte pour le respect des droits de l’Homme en psychiatrie depuis plus de 40 ans en France. Elle continuera son combat jusqu’à ce que les abus cessent.

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